Ici vous trouverez quelques unes des poésies que j'ai écrites (je vous épargne les plus médiocres).
Au-delà
Ce peut-il que la montagne qui nous sépare
Cesse subitement d’exister ?
Pour que nos moments d’affection si rares
Puissent fleurir à jamais.
Mais qu’est-ce qui peut effacer les reliefs
Quand déjà il n’y a plus d’espoir ?
C’est bien là ton plus grand grief :
Sans toi je me noie dans le noir.
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La chute
Je vole…
Un souffle sur ma peau,
Mon cœur qui s’emballe
Au loin un flambeau.
Plus proche à chaque instant de la lumière
De plus en plus loin de la réalité
Sommes-nous que de la matière ?
Je vis mais je me suis désagrégée.
Une avec le vent,
Je fixe la Terre.
Je n’ai pas pris le temps
De penser à cette chute qui sera ma dernière.
Je me rapproche de la rue et de ses rumeurs.
Je tremble mais je n’ai plus peur.
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Pardon
La pluie qui tombe depuis tout à l’heure
Et les battements sourds de mon cœur
Composent cette symphonie de tristesse,
Echo de ma grande détresse.
Ma peine pour tous ceux que je blesse
Est le fantôme de mon infinie faiblesse.
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Après la tempête
Les débris dans les rues
Traînent avec les passants apeurés
Et les anges déchus.
Le vent du Nord souffle sur les arbres décharnés
Mais emporte aussi les poussières égarées.
Et les larmes coulent lentement
sur les joues des gens
qui n’ont été délaissés
que par ce qu’ils pouvaient toucher.
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Abondante pluie aiguisée
N’efface pas la douleur et les ombres de l’âme.
Pourquoi dans ce monde coule-t-il tant de larmes ?
Dans ma quête perdue de bonheur
Je n’ai trouvé qu’un couteau de peine
La blessure brûlante profonde ne fait pas couler de sang
Des fragments de souvenirs s’échappent de mes veines.
Les routes empruntées ne sont que des sorties de secours
Pour se cacher au fin fond du brouillard,
Pour fuir les peurs innommables ,
Les peurs ineffaçables,
Pour ne pas tomber sur un morceau de miroir.
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Il y a sur le chemin un bouquet de senteurs colorées.
J’observe depuis un moment la vérité.
Mais je ne la regarde pas dans les yeux
Pas tant que je ne saurai pas comment changer le sens du courant de la rivière,
Comment souffler sur les malheurs comme on souffle sur un pissenlit.
Une ombre passe sur la plaine
Et la lumière reprend son voyage
Elle me tourne le dos.
Tranquillement je contemple le fleuve du monde.
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Le sablier est en marche
Et les gens ont du sable plein les cheveux.
Je compatis, assise sur une dalle de marbre.
La douce bise sans nom souffle inlassablement
Elle change tout progressivement
Immobile, indécise entre le sourire et les larmes
Sans aucune pitié
Je contemple depuis l’aube
Mais verrai-je la nuit tomber ?
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Le temps que tu tournes la tête...
Les pétales se sont envolés
La pluie a cessé de tomber
L’arc-en-ciel est parti se coucher
Les étoiles ont cessé de briller
La lune rouge s’en est allé
Le soleil d’or s’est éclipsé
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Plonge ton regard dans le mien
Et contemple l’éternité que j’ai passé à t’attendre.
Ces millénaires et leurs merveilles prisonnières
Tout au fond de mes yeux
Ne sont rien comparé à un seul de tes sourires.
Une seule de tes paroles
Efface les guerres, les famines
Et toutes les autres tristesses de la vie
Enfouies au fond de moi.
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La Gomme
( écrit avec Mumu, en se servant des poèmes de Francis Ponge comme modèle)
La face du monde eut été changée si ce parallèpipède rebondissant n'eut pas existé. Heureusement ce lisse et laiteux solide ne nous fait jamais faux bond lorsqu'il s'agit d'effacer nos erreurs.
Sous son passage les mots disparaissent mais notre gomme se désagrège telle une feuille sèche sous la pression de notre main.
Elle est conduite par nos doigts vers l'accomplissement de sa destinée. Sa silencieuse décomposition marque l'acceptation dont elle fait preuve en se tuant à la tâche.
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